La question de l’image artistique scientifique se pose depuis longtemps … Déjà dans les années 1880 et l’utilisation de procédés gélatino-bromuriens, Etienne Jules Marey décomposait le mouvement avec ses photographies (la chronophotographie avec un dispositif quelque peu étonnant, le fusil photographique – à découvrir au musée des Arts & Métiers, par exemple!). Même si les travaux du chercheur ont avant tout une portée scientifique, le caractère artistique des photographies n’est pas à renier. Donnant à voir aux femmes et aux hommes de nouvelles images de leur monde, de leur quotidien, de leur corps, ces productions deviennent des références visuelles du vrai, de l’invisible et de la science et inspirent également de nombreux artistes.

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Les nouvelles possibilités techniques de l’image transforment les regards et c’est ce que se propose de faire cette exposition temporaire « Ceci n’est pas un cerveau », exposition conçue par Ester Fuoco, doctorante en Digital Humanities aux universités de Gêne et de Paris Diderot, et Giuseppe Gangarossa, enseignant-chercheur en physiologie et neurosciences à l’université Paris Diderot.

A la fois poétiques et cryptiques, les images exposées et accompagnées de références littéraires précieuses (« Voyage au bout de la nuit » de Céline, l’encyclopédie de Diderot et d’Alembert ou encore « le gai savoir » de Nietzsche) font de notre cerveau un élément de choix pour des compositions photographiques colorées et inventives.

L’alliance art et science fonctionne à merveille et nous pouvons choisir de réceptionner les images du cerveau avec l’une ou l’autre des approches.

« Le cerveau est complexe mais le cerveau est magnifique. C’est une machine tellement puissante qu’elle nous fascine depuis des centaines d’années » Giuseppe Gangarossa.

Bon cette histoire de machine mériterait d’être plus largement discutée 🙂

Ceci N'est pas un cerveau

L’exposition est à découvrir jusqu’au 30 novembre 2018 dans le Hall des Grands Moulins au 16 rue Marguerite Duras, 75013 Paris.

PS : un tout petit bémol dans la mise en scène des photos et des cartels … placés trop haut, peu de personnes y ont accès (personnes de petite taille, en fauteuil roulant, par exemple)

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