Si Tu Savais … Voir la Terre tourner ce n’est pas que romantique !

Le dernier film de Damien Chazelle « La La Land » n’a pas grand chose d’un film à classer sous le registre des Sciences et Techniques en Société … du moins en apparence.

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La la Land – Affiche

 

Un peu moins d’une heure après le début du film, le jeu du chat et de la souris nous emmène dans un endroit parfait pour les Sciences et la diffusion de la culture scientifique : le Griffith Observatory de Los Angeles. Cette institution abrite un planétarium, dans lequel un projecteur ZEISS diffuse ses étoiles sur le dôme d’une salle. Ce décor scintillant parvient à faire décoller nos futurs amoureux et à se défaire de la gravité terrestre. Ne dit-on pas que l’on se sent léger quand l’amour nous emporte ? Mais avant de pénétrer dans le théâtre aux étoiles, le couple s’amuse à tourner autour d’un pendule de Foucault ! Alors, je sais que cela va sembler un peu naïf, mais je ne m’attendais pas à voir cet instrument scientifique ailleurs qu’en France. Et le voilà, dans ce film hollywoodien au gros budget, avec cette actrice et cet acteur se cherchant des lèvres. Ne dit-on pas que quand on s’aime la Terre s’arrête de tourner ? Le pendule nous remet d’emblée les idées en place ! Quel manque de romantisme !

A côté de ce clin d’œil STS plutôt sympathique, le film aborde un autre aspect sociétal cette fois du côté du genre et de la place de la femme. Au premier abord, ce film romantique pourrait presque paraitre assez égalitaire voir même féministe… Emma Stone,  qui joue Mia, prend beaucoup de place à l’écran et son cheminement pour arriver à se faire une place à Hollywood semble avoir plus d’importance dans le scénario que la partie masculine, celle de Sébastian, jouée par Ryan Gosling. Ca c’est pour le « premier » abord …

Car en creusant un peu, et c’est un idée qui ne m’a pas lâchée pendant tout le film, le personnage de Sébastian est celui qui mène la danse, du début à la fin. Il est celui qui « agit », elle est celle qui se fait guider, aider, accompagner, pousser …etc. Pendant tout le film, Sébastian joue du piano, c’est un artiste incontestablement. Alors que pendant presque tout le film, Mia enchaine les pirouettes et les échecs et seule une scène est consacrée à son art. La question se pose et devient légitime : est-elle vraiment une artiste ?

La fin du film aurait tendance à confirmer cette interprétation … Mais je n’en dirais pas plus, ce serait intéressant d’avoir des interprétations différentes 😉

Pour conclure, « Lala Land » est loin d’être un film STS, mais c’est un petit bijou de clins d’œil à l’histoire du cinéma : la fureur de vivre, Singing in the rain, Funny fac, Mary Poppins, Le ballon rouge, Sweet Charity … et certainement plein d’autres que j’ai loupés !

Mais c’est en quittant ses références américaines pour se rapprocher de ses références françaises (le cinéma de Jacques Demy, ses « Demoiselles de Rochefort » et plus encore « Les parapluies de Cherbourg ») que le film gagne une dimension supplémentaire. Cela peut sonner un peu comme un cocorico, mais j’avais tellement peur de retrouver face une guimauve que j’étais ravie de n’avoir qu’à moitié raison 😉

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La La Land – extrait
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