Si Tu Savais … J’adore la radio. C’est probablement le support médiatique que je préfère : voix, rythme, musique, infos en continu, invités, débats, rires … blancs, tout peut me captiver alors que je suis occupée à autre chose. Direct, podcast, dans la voiture, à la maison, au bureau, sur l’ordi, la chaîne Hi-Fi (ça se dit encore ça ?!) ou le smartphone, les voix de la radio sont disponibles partout, tout le temps et à la demande.

 

Quand j’ai proposé à mon « invité » une rencontre radiophonique avant une rencontre « publique » (les deux ensemble ne sont d’ailleurs pas incompatibles), j’étais morte de trouille. D’abord, parce que ce serait la première fois que je conduirais l’interview à 100% toute seule, ensuite parce que mon invité, chercheur en épistémologie et histoire des sciences, m’intimidait quelque peu par sa maitrise du sujet et son esprit critique aiguisé.

Une fois la date et le sujet fixés, il me restait deux à trois semaines de préparation. C’est large comme délai  … si on ne doit faire que ça !

1 – La préparation de l’interview

Cette partie là est essentielle. Elle permet surtout de se familiariser avec le sujet principal, l’actualité, les acteurs autres que mon invité et le contexte de travail de l’invité.

Là, à commencer mon foirage … j’ai souhaité en peu de temps me « forger une culture » sur la thématique, j’ai enchainé livres, articles, thèses, essais, j’ai pris des pages et des pages de notes qu’il m’a fallu synthétiser à un moment ou à un autre pour. J’étais en immersion … et submergée !

L’erreur, c’est d’avoir voulu être à la hauteur de mon invité et ne pas le décevoir par mon manque de connaissance ou pire, de louper une nuance essentielle dans ses travaux et passer complétement à côté de son essence.

Pour la prochaine fois :

Il faut accepter de ne pas être un.e expert.e en tant qu’interviewer. Une culture, un socle de connaissance dans un domaine précis, prend des années à se forger, des années de lectures, de rencontres et d’intérêt pour le ou les sujets. Certains journalistes scientifiques (ou pas) sont ultra spécialisés (médecine, environnement, nouvelles technologies, agricultures …) et sont en veille permanente dans leur domaine d’activité.

Dans la phase de préparation, une question s’est également posée à moi : est ce que je dois envoyer mes questions, ma préparation à l’invité pour que lui aussi de son côté se prépare à l’émission ?

Je n’ai pas forcément de réponse facile à ce jour. Tout dépend de la personne invitée je pense. Certains interviewer ne le font jamais, préférant laisser la place à la spontanéité. D’autres  préférèrent le faire juste avant l’enregistrement, pour mettre dans l’ambiance et ne pas trop « surprendre » l’invité.e.

Dans le cas de mon expérience, j’ai envoyé mes questions la veille, non pas pour les faire valider ou en demander une préparation de l’invité, mais plutôt pour mettre en confiance et qu’il se sente à l’aise à son arrivée.

Le risque de cette démarche? Avoir une interview ultra-préparée et qui manque de naturel. Et cela s’entend à l’autre bon de l’oreillette !

Pour la prochaine fois :

Prévoir un temps, juste avant l’interview de discussion avec l’invité.e pour se mettre à l’aise ensemble et accepter l’imprévu d’une rencontre.

Dans la préparation des questions aussi, il faut un maximum de naturel et de … candeur (une fois que nous avons accepté de ne pas être des experts en la question !).

J’ai commencé par écrire des questions très simples : pourquoi avoir choisi de sujet de thèse ? Comment avez vous mené votre enquête ? Quelle comparaison, quel parallèle, pouvez vous faire entre l’histoire d’hier et d’aujourd’hui ?

5 à 6 questions qui permettaient à l’invité de dérouler son travail, sa thèse et ses analyses et d’échanger sur la thématique simplement.

Et puis … à force de trop préparer et de me mettre la pression (toute seule, je n’avais besoin de personne !), j’ai commencé à écrire des questions plus « savantes » (afin de mettre en lumière ce que j’avais appris et retenu de ses écrits), à écrire des transitions entre les différents points, transitions que je pris soin de rédiger intégralement, histoire de ne pas perdre un bon mot ou une bonne réflexion !

Au final, les questions étaient trop longues, les transitions trop travaillées et le tout manquait d’un ingrédient essentiel à la production radio : le naturel d’une conversation !

Parce que c’est bien ce dont il s’agit : une conversation.

Pour la prochaine fois :

Rester sur des questions simples, claires et avec des mots-clés du type  rôle, avis, solutions, qui permettent à l’interviewé.e de bien comprendre ce que l’on attend et ne pas partir sur du hors sujet.

on-air2-L’interview…enfin!

La première chose a avoir en tête c’est le temps ! Il est assez traitre ce temps là : il peut paraitre extrêmement court pour ceux qui sont dernière leur micro et … extrêmement long pour ceux qui écoutent (et ça, c’est mauvais signe !).

J’avais en tête une interview de 45 mn. C’est long pour ce type d’exercice, très long. En général à la radio, 20 mn, voir 30 mn c’est efficace et suffisant.

Pour mon expérience, le contexte était quand même particulier puisque l’interview était une introduction à la rencontre organisée le jour même. Et puis, nous avions eu la chance d’avoir un comédien avec nous pour des lectures et des interprétations d’extraits du livre de l’invité. Cela justifiait un peu le temps allongé … un peu.

Pour la prochaine fois :

Faire plus court sur un format interview seul ou, si extraits ou autres interventions, les limiter en temps et en nombre pour ne pas casser le rythme. Et puis ne pas laisser les tunnels s’installer (tunnel = une intervention longue, très longue …)

La présentation de l’invité.e et du sujet de sa visite derrière les micros est une chose essentielle. C’est là que l’intérêt des auditeurs sera capté … ou pas. Expliquer également le contexte de cette interview semble fondamental . Pourquoi parle t-on de ce sujet aujourd’hui, quelle actualité et quelle problématique entourent cette rencontre ? Mettre le cadre permet aussi à l’interview d’avoir un « squelette », un fil rouge.

Présenter son invité.e c’est aussi le laisser se présenter. Elle/Il le fera forcément mieux que nous en fait ! ça non plus, je ne l’ai pas trop bien fait … J’ai pris beaucoup trop de temps pour poser le cadre de l’interview. J’aurais pu le faire autrement au cours de l’émission et permettre à l’invité de prendre la parole plus rapidement !

Pour la prochaine fois :

Faire une introduction courte en allant droit à l’essentiel. Certains éléments peuvent venir compléter le contexte par la suite. Et surtout, laisser parler son invité.e , la.le laisser introduire son thème et ainsi permettre aux auditeurs de comprendre  pourquoi sa venue est pertinente.

Et puis voilà … c’est parti ! L’interview est lancé. L’invité commence à se détendre un peu, moi aussi. Je relâche un peu la pression et surtout j’ai du plaisir à écouter et à vivre ce moment. A la fin, la réaction était la même des deux côtés : on recommence ?

C’est sûr que cela semble plus facile à refaire … mais soyons réalistes, nous avons rarement l’occasion de reproduire l’émission (surtout si c’est du direct !).

Pour la prochaine fois :

Vivre le moment sans se laisser parasiter par son environnement et ses propres appréhensions. Etre à l’écoute de son invité.e à 100%, lâcher son plan de route, laisser beaucoup de place à l’invité.e et rester simple dans son approche !

Est ce que j’ai envie de recommencer ? Carrément !

Et pour vous faire une idée, voici le podcast de l’émission que j’ai beaucoup aimé faire malgré les faux pas et le manque d’expérience : WEB RADIO AGOR / Airs Toxiques

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