Si Tu Savais … Ces derniers temps, quelques indices de désintoxication dans les films … et si on arrêtait les écrans, les réseaux sociaux, Internet ?

Est ce vraiment une coïncidence d’enchaîner trois films complétement différents et pourtant d’y retrouver le même thème sous jacent : « déconnectons !  » ?

J’ai deux réponses possibles :

Mes choix et mes goûts en matière de films me mènent forcément à sélectionner des films qui se ressemblent et donc, des films qui ont plus de chance d’aborder des sujets similaires

ou alors, une vraie tendance de fond se profile et devient repérable, même si cela n’est pas le message premier du film.

Cela a commencé par « Moi, Daniel Blake ». Ce veuf de 59 se retrouvait complètement démuni face à une société du tout-internet et devenait un laissé pour compte de cet injonction du tout numérique.

Ensuite, c’est au tour de « Captain Fantastic » d’interpeler sur cette question de la connexion : connexion au monde, aux autres, aux siens, à nous-même. Viggo Mortensen, en père de famille moitié philosophe et moitié ours, préfère vivre en pleine nature avec sa famille-tribu, coupé du monde et des autres. La rencontre avec des cousins scotchés à leurs téléphones, consoles de jeux ou écrans d’ordi est assez chaotique tant leurs deux mondes diffèrent.

Et puis, arrive ce film, mini OVNI dans le paysage des grands blockbusters de fin d’année : « Le voyage au Groeland » de Sébastien Betbeder.

Ce film est tellement simple qu’il pourrait passer pour facile. Ce n’est pas un film bavard. Le pitch manque de punch, certes. Et le charisme des deux protagonistes peut être difficile à identifier. C’est un film gentil (voir gentillet pour les plus mauvaises langues) contenant  un peu de fantaisie et beaucoup de candeur.

Deux jeunes comédiens parisiens un peu paumés (mais ne l’est on pas toujours un peu à la capitale ?) se retrouvent dans le village de Kullorsuaq au Groenland, village paumé au milieu d’une banquise à couper le souffle.

Chasse à l’ours et au phoque, jeu de foot dans la neige, dégustation de foie et footing matinal, chaque moment du film ne pourrait qu’être une suite d’anecdotes. Comme cette course contre la montre pour s’actualiser sur le site de Pole Emploi !

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« Le voyage au Groeland » – S. Betbeder – 2016

 

La tristesse d’une jeune femme est quand même là pour rappeler que les réseaux sociaux, tous ces comptes Facebook, Instagram, Twitter sont comme des milliers de lucarnes d’un monde auquel les habitants n’ont pas accès. « Moi, habitant de Kullorsuaq, je n’ai que neige, phoque et ours pour seule occupation. Mon passé est ici, mon présent est ici, mon futur ne peut être ailleurs », semble être le mantra de ces villageois. Et cette nouvelle possibilité de voir autre chose à travers Internet devient à la fois une source de frustration autant qu’une source d’ouverture et de connaissance. Là aussi, une certaine forme de déconnexion est volontairement érigée comme salvatrice.

C’est ce que font nos deux jeunes paumés : déconnecter de leur vie réelle le temps d’une pause, de réflexion et de relations humaines. C’est ce qui est aussi demandé aux villageois : déconnecter et regarder la vie telle qu’elle est ici, plutôt que telle qu’elle existe ailleurs, embellie par les écrans et la lumières des villes.

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