Si Tu Savais … Nous respirons en moyenne 15 000 litres d’air par jour. De là, il n’y a qu’un pas pour parler de l’air potable …

« La révolution de l’Air potable »

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Conférence LES RESPIRATIONS – Paris Novembre 2016

A la première lecture du programme de cette conférence qui a eu lieu mardi 15 novembre 2016 à la cité de la Mode et du Design de Paris, cela ne saute pas forcément aux yeux.

A la deuxième lecture, une évidence se met en place : nous ne sommes plus dans la phase de rejet de la pollution de l’air, nous ne sommes plus des combattants de particules, de ses émissions ou de ses transformations. Nous sommes dans la phase concrète de l’adaptation et du développement technologique et commercial.

Cette problématique qu’est l’accessibilité à un air sain pour chaque habitant de la planète génère des plans produits à la pointe de l’innovation (voiture électrique, aspirateur à particules, filtres ultra-connectés), à la pointe du numérique (application pour connaitre les risques de pollution, applications pour éviter les trajets les plus pollués, application pour savoir en fonction de sa santé quels dangers nous entourent), à la pointe de la recherche scientifique (cohortes, programmes internationaux, dispositifs de panels, modélisation des données et retranscription en projection sur l’avenir de notre air).

Est ce que c’est terrible de penser la pollution de l’air comme une opportunité de business et de développement ? Est ce que c’est cynique de se dire que cette problématique nourrit les milieux de la recherche alliés aux entreprise AirTech  ?

Le terme d’AIRPOCALYPSE, utilisé par les organisateurs de la conférence, appuie largement les enjeux humains de cette pollution de l’air.

Quelques chiffres clé à avoir en tête :

  • + de 90% de la population mondiale respire un air trop pollué (Rapport annuel de l’OMS)
  • 48 000 décès en France sont dus à la mauvaise qualité de l’air (source : agence Santé publique France – rapport 2015)
  • 100 milliards de coût sanitaire pour la France (traitement médicaux, morts prématurés, suivis pathologiques, absentéisme …). Et cette dépense ne cesse d’augmenter. (source : OCDE / rapport du Sénat 2015)

Cette dernière donnée relève une importance capitale : la pollution nous coûte chère ! Et elle coûte chère aux entreprises. Si les salariés ne sont pas en bonnes santé, le travail en pâti, la productivité, rentabilité, retour sur investissement sont eux aussi en danger.

Est ce que c’est cynique cela aussi ?

Alors cette prise de conscience collective, ces actions de sensibilisation citoyenne, ce combat engagé contre la pollution, les GES, le réchauffement, servirait donc si bien le monde des affaires, celui des industriels, celui des start-up, des PME autant que celui des actionnaires ?

L’adaptation à notre environnement se trouve forcément au coeur de l’innovation technologique, des avancées scientifiques et de nouveaux axes de recherche. En cela, ce business n’a rien de cynique. Il présente des leviers d’actions pour, non pas gérer le problème à l’échelle politique et diplomatique, mais trouver des solutions immédiates et accessibles. Dire que ce business se dressera pour lutter contre cette problématique sans créer des inégalités et qu’il favorisera les combats politiques et citoyens est un leurre, ou une douce illusion.

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Paris – en direction de La Défense – brouillard de pollution

Le combat est-il terminé?  ou prend-il de nouvelles armes ?

Voir la santé publique au cœur des décisions politiques suite à des chiffres aussi alarmants serait une vraie reconnaissance du problème. Au vu  de certaines réactions suite aux fermetures des voies sur berges à Paris, certains modes de vie prennent encore le dessus sur nos priorités citoyennes en matière de pollution et de santé.

C’est aussi pourquoi en plus des entreprises, des politiques et des chercheurs, les citoyens doivent s’approprier ce combat quotidien.

Et c’est pourquoi des initiatives telles que la conférence LES RESPIRATIONS sont utiles, surtout si elles apportent controverses et sens critique. Ne faisons pas forcément abstraction des marchés, des industriels, des lobbyistes qui parfois polluent l’essentiel du message : la qualité de l’air est un enjeu climatique et un enjeu de santé publique que chaque citoyen doit considérer dans son ensemble, pour s’y adapter et pour agir.

Niveau médiation des sciences, les intervenants scientifiques et industriels se sont pris au jeu de présentations vulgarisées sur leurs travaux de recherche en cours : 5 minutes maximum, 2 slides pour aller droit à l’essentiel. Par exemple, expliquer comment les particules ultra-fines franchissent les barrières de notre organisme en deux schémas et quelques mots-clés, c’était particulièrement efficace.

Une journée en demi-teinte dans laquelle il fallait trouver l’équilibre entre business model, innovations  et actions collectives de sensibilisation citoyenne. Quelles recherches les citoyens souhaitent-ils ? Comment ne pas laisser les start-up nous transformer en capteurs humains sous le (bon) prétexte d’enrichir des bases de données alimentant la recherche scientifique ? Comment ne pas se laisser dicter son chemin sous prétexte de ne pas s’exposer quotidiennement aux pollutions ?

Comment trouver l’équilibre entre la colère d’en arriver là et l’envie de trouver des solutions pérennes ?

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