Si Tu Savais … après la guerre, la vie, la révolte.

Si vous ne savez pas ce qu’est la BEAT GENERATION, ne pensez trouver toutes vos réponses à l’exposition en cours au Centre Pompidou depuis le 22 juin et jusqu’au 3 octobre 2016 : la collection présentée est riche (+ de 500 oeuvres, photographies, collages, films, objets, manuscrits …), la scénographie particulièrement soignée, esthétique et inventive et les chefs-d’œuvre présentés inclassables. Toutefois, parcourir l’exposition ne donne cette impression de ne pas en saisir la substance et d’être embarqué sans en connaître la destination ni le voyage. Mais peut-être est-ce là un véritable choix scénographique …  ?

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Exposition BEAT GENERATION – Centre Pompidou Paris – Juillet 2016 (crédit photo : vdesouz)

 

Après tout, ce qu’on appelle la BEAT GENERATION est surtout la rencontre d’écrivains, d’amis (Jack Kerouac, Allen Ginsberg et William S. Burroughs en premier lieu), leur partage d’une vision d’une Amérique et d’un monde désenchantée, une vision subversive et transgressive de la littérature hors des sentiers traditionnels. L’exposition nous emmène d’abord dans le Greenwich Village de New-York, berceau de cette fusion artistique mêlant écrits, photographies, peintures et musique. La machine à écrire, telle un témoin mécanique de cette écriture rapide, saccadée, apparait comme un objet incontournable de cette création littéraire énergique et soutenue.

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Exposition BEAT GENERATION – Centre POMPIDOU – Juillet 2016 – Manuscrit « On the Road »

Pour preuve de cette pratique de l’écriture le manuscrit de « On the road », roman mythique de Jack Kerouac exposé dans toute sa longueur et qui sert de colonne vertébrale à toute l’exposition. Longue de plus de 10 mètres, la table écrin déroule l’intense écriture d’un seul jet que l’écrivain pratiqua pendant 3 semaines fiévreuses. Pas de paragraphes, de retours à la ligne, écrit sans respirations, dactylographié sur des feuilles de papier à calligraphie japonaise, ce roman reflète la création non conventionnelle de ce mouvement, autour duquel vont se greffer d’autres formes d’expression durant l’Amérique des années 50/60.

Ainsi, cette BEAT GENERATION s’approprie ce que la technique moderne de l’époque offre aux potentiels de la création artistique. Caméras, appareils photographiques, magnéto et même machines à calculer trouvent leur place dans cette infusion créative. Les possibilités de mixer les supports, de reproduire les idées, d’interpeler ou de transmettre, tous ces moyens sont présentés à travers l’exposition, ce qui en fait une expérience sensorielle intéressante et captivante.

Ce mouvement, cette critique de l’American Way of life, est fait d’expérimentations diverses d’écriture, nous l’avons vu, mais aussi de langage, d’expression, de liberté à travers le sexe, les drogues, la spiritualité et arts. Ce sont ces expérimentations que l’exposition nous propose comme un joyeux bazar. Parfois, elle nous perd puis elle nous reprend, nous embarque ou nous laisse sur le bord de la route. Exposition sensorielle, troublante et bouillonnante, une joyeuse infusion artistique à visiter sans frustrations.

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Exposition BEAT GENERATION – Centre Pompidou – Juillet 2016 (crédit photo : Vdesouz)
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