En débutant ma formation STS au CNAM en octobre dernier, j’avais peu exploré ce qu’était la médiation et j’avais du mal à en donner une définition pertinente et compréhensible. Par raccourci ou erreur, j’avais assimilé la médiation des sciences et techniques à de la communication et à de la vulgarisation de la connaissance. Le schéma que j’avais en tête était tout à fait basique : un point A détient le savoir (labos, R&D, scientifiques, ingénieurs) et un point B réceptionne ce savoir « simplifié » (cible).

Déformation professionnelle, peut être, l’objectif que je mettais derrière la médiation était souvent « faire connaître », comme on fait connaitre une marque pour la faire aimer d’un public-cible qui du coup achèterai cette marque.

Après quelques mois de cours, de lectures, d’échanges, de rencontres, après un stage au sein du service médiation du musée des arts et métiers, je ne pouvais que me défaire de cette définition. Je l’ai refondue, tordue et digérée la transformer et me l’approprier.

Ma définition toute personnelle est la suivante : la médiation est le bouton qu’on utilise pour activer la curiosité. Elle est là pour dépasser la simple transmission de connaissances ou la basique vulgarisation. Elle est là pour éviter de transformer des données scientifiques ou techniques en « informations ». Elle est là pour transformer une communication descendante en accompagnement participatif. Elle accompagne le citoyen qui est en chacun de nous. Elle crée l’équilibre entre l’expertise scientifique, la dynamique sociétale et nous, habitants, citoyens, consommateurs, public.

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Utilisateur table numérique Exposition Cité de la science et de l’Industrie « Darwin, l’original »

Une fois cette première définition posée, il est intéressant de s’intéresser à la suite : comment faire de la médiation scientifique et technique ?

En complément des supports ou dispositifs plus traditionnels,  le numérique semble apporter plus d’interactivité et de fluidité dans la médiation.

La création de Fab Lab, de Maker Lab, sorte de  tiers-lieux collaboratifs, mettent en place des tendances de co-production  et diffusent des méthodologies coopératives à des secteurs de la médiation. Par exemple, les Muséomix repensent des espaces de médiation muséale en utilisant des procédés inspirés de ces ateliers collaboratifs. Les technologies numériques, internet, serious game, blog, appli, accompagnent ces nouvelles organisations : ce sont des outils aujourd’hui indispensables dont la qualité technique ne cesse de s’améliorer. Outils indispensables certes, mais aussi qui peuvent laisser parfois un goût d’artificialité dans la « consommation »du contenu qu’ils délivrent.

La médiation doit rester un espace de « reflexivité », un espace dans lequel les projets de société dans lesquels les sciences et les techniques interviennent se pensent, se débattent et se dynamisent, un espace au-delà des dispositif physiques ou numériques qui valorisent les connaissances collectives et qui nourrissent les curiosités de tous dans les enjeux du monde qui est le nôtre.

Essentielle dans notre quotidien citoyen, elle est bien plus qu’un simple trait d’union, elle crée une puissance d’action et d’engagement. Et c’est passionnant d’en étudier l’histoire, les fondements, les crises et l’adaptation qu’elle connait.

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