Affiche L214 – Campagne décembre 2015


Cette affiche dans le métro m’a scotchée sur place : 
62% des français disposés à réduire leur consommation de viande pour lutter contre le réchauffement climatique ! 
Soit plus d’un français sur deux … Cela laisse assez dubitatif voir pour certains assez rêveur. Ayant une méfiance à l’égard des grands chiffres, je préfère creuser un peu le sujet. 
  • Qui est l’annonceur ? 

L214 est une association française œuvrant pour la sensibilisation de la condition animale et militant pour l’abolition de certaines pratiques d’élevage et d’abatage. 
A la tête de cette association fondée en 2008, Sébastien Arsac, petit-fils de boucher et d’exploitants laitiers. Ce porte-parole a su mettre en place un certain nombre d’actions et de campagnes de communication « chocs ». 
Et pourquoi ce nom d’assoc’ ? Il s’agit d’une référence à un article du code rural :
Art L214-1 : « Tout animal étant un être sensible doit être placé par son propriétaire dans des conditions compatibles avec les impératifs biologiques de son espèce. »
Le principal domaine d’intervention de l’annonceur étant la défense animale, un effet COP21 et enjeux environnementaux vient se greffer au discours prioritaire. 
Sans oublier que l’association porte aussi un message fort de végétarisme voir de végétalisme. 
  • Quel message ? 

Lutter contre le réchauffement climatique par une réduction forte de notre consommation de viande. Mais quel est le rapport entre manger moins de viande et le réchauffement climatique ? 
Évidemment pour comprendre le lien, il faudrait déjà connaître quels sont les impacts environnementaux de l’élevage en Europe et dans le monde. Pas d’information spécifique sur l’affiche. A nous de trouver donc ! 
Chaque rapport de la FAO (Food and Agriculture Organisation, attachée à l’ONU) présente un état des lieux des impacts environnementaux et préconise des actions correctrices afin de réduire ces impacts. Dans toutes les solutions préconisées pas une seule ne concerne le consommateur mais uniquement les techniques d’élevage et ses innovations. C’est donc l’éleveur qui est acteur des préconisations d’amélioration du système. Le besoin d’alimentation animale mondial est même en croissance et c’est à cette forte demande que les éleveurs devront répondre dans les années à venir. 
Selon le message « publicitaire », réduire sa consommation de viande, nous consommateurs, c’est réduire l’élevage, et donc réduire les émissions de gaz à effet de serre. Le raccourci est fait. Simpliste, certes mais raisonné et en contradiction avec le message de la FAO et les acteurs de l’élevage intensif.
De plus, un mot vient perturber tout cela : Vegan. 
Manger moins de viande c’est une chose. 
Être végétalien et être vegan (choisir de ne rien consommer d’animal dans son mode d’alimentation et son mode vie) est un concept bien différent. 
On retrouve encore une fois l’ADN de l’association dans cette prise de position. 
  • Qui sont ces 62% ? 

Encore une fois, j’insiste, mais plus d’un français sur deux, ce chiffre est énorme et je ne le trouve pas représentatif du tout de mon entourage. Mais peut être ne suis-je entourée que de viandards ? 

Alors d’où vient ce taux ? 
Une étude « terrain » intitulée « Élevage et Climat » et effectuée le 5 et 6 novembre dernier en France via le web a été commandée par L214 et comporte ces 3 questions : 
> A l’échelle mondiale, le secteur de l’élevage est responsable de 14.5% des émissions de gaz à effet de serre. Le saviez vous ? => 52% le savait déjà (ils sont 63% pour les + de 55 ans).

> Pour limiter votre contribution personnelle au changement climatique, seriez vous disposer à réduire votre consommation de viande ? 32% des répondants le font déjà et 30% sont prêts à le faire. On retrouve donc nos 62% annoncés plus haut en additionnant ces deux taux. Le taux monte à 67% pour les répondantes et à 69% pour la tranche des 45 – 54 ans. 

> Dans la restauration collective, des mesures pourraient être prises pour encourager des alternatives végétariennes moins émettrices de GES que la viande. Dans quelle mesure êtes vous favorable ou défavorable à ces initiatives ? 55% des répondants sont donc favorables à des changements dans les cantines scolaires ou d’entreprise, un peu moins que ceux qui y sont favorables dans leur foyer.
Au final, c’est un sondage assez court mettant plus l’accent sur l’intention d’où le cœur du message : 62% des français sont prêts ! 

Français, à vos assiettes ! 

Pour en savoir plus : 
rapport FAO Rome 2013 – TACKLING CLIMATE CHANGE THROUGH LIVESTOCK
Le gavage des oies – Reportage L214
Global Environmental Change 

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